Mercredi 4 janvier 2006

Economie et organisation de l'île

 L’atoll de Palmerston fait partie des îles Cook, état géré en association avec la Nouvelle Zélande  qui assure leurs relations extérieures et la défense

 La monnaie est le $ NZ et les habitants ont l’équivalent de la nationalité NZ.  Une des  particularités de Palmerston  est un statut juridique (Palmerston Act ) spécial confirmé  lors de la modification des traités entre  les Iles Cook et la NZ en 1954 qui donne la propriété et la gestion de l'atoll à ses habitants.  Ne peuvent y vivre que des descendants de la famille.

Les trois familles descendantes  de William Marsters sont représentées chacune par leur chef et un aide dans un conseil de 6 personnes chargé de gérer l’atoll en dehors des questions de pêche et agriculture qui restent du ressort du gouvernement. Système démocratique mais manquant d’efficacité et de leadership pour certains.  Le quorum est de 4 mais le problème de ces dernières années était l’absentéisme de 3 membres sur six dont le chef,  ceux-ci vivant en dehors de l’île.

Si le conseil prend une décision non supportée par les habitants ceux-ci peuvent s’y opposer et démettre le conseil de son pouvoir sur cette question : ceci est arrivé dans le passé sur les règles de  pêche du poisson perroquet  et de son repeuplement.

Le gouvernement des Cook  par son représentant sur place, Terry Marsters,  essaye de  dynamiser le système.   

L’objectif des habitants est de garder le caractère de l’atoll : ils refusent la construction d’un aéroport, d’hôtels et en règle générale le développement du tourisme, même écologique.

Par contre le passage des voiliers est

                                                                                  emblème des iles Cook

 encouragé  ainsi que des paquebots de tourisme qui ne restent que quelques heures. Malheureusement ceux ci sont peu nombreux : environ 50 voiliers par an pendant l’hiver austral et au peut-être  un  paquebot au mieux.  Plusieurs fois la communauté a été démarchée par des hommes d’affaires poussant à l’indépendance en échange  de droits exclusifs sur des positions stationnaires de   satellites, ou  autre monopole internet à  l’exemple de Niue, le plus proche voisin  de Palmerston et le plus petit état au monde : un îlot de 2400 habitants et 250km².  

La terre appartient à la communauté. Tout membre de la famille Marsters a le droit de recevoir un terrain pour construire une maison mais perd ce droit s’il quitte définitivement l’atoll. William Marsters a laissé des règles strictes de salubrité et d'environnement qui sont toujours appliquées : déblayer et nettoyer la végétation autour des maisons, assainir les nappes d’eau après les pluies pour éviter les moustiques. Pas de chien porteur de maladies ( la lèpre dans le passé) et aussi bouche inutile à nourrir. Attacher les cochons domestiques loin des maisons mais au contraire laisser les poules libres, elles mangent les insectes et surtout les « 100 pieds » venimeux.

Ces règles simples donnent une impression de propreté et calme que l’on aimerait bien retrouver dans les îles voisines de Polynésie envahie par les chiens bruyants et de  Tonga ou chaque maison doit avoir une marche pour garder les cochons domestiques à l’extérieur.     

 Une autre règle laissée par le fondateur est celle de l’arrêt total d’activité le dimanche, y compris se déplacer ne vélo, règle que l’on retrouve dans les autres îles, et qui est certainement sponsorisée par les églises locales, la messe dominicale étant la seule activité tolérée.   

                                                                une brochette de perroquets

 

 Coût de la vie et ressources des habitants

  

Pendant quelques années  la pêche et l’exportation vers Rarotonga et l’Australie de  filets de poisson perroquets congelés ont été une bonne source de revenu : le poisson  restait dans des congélateurs en attendant le passage du prochain bateau  et ramenait environ 10 NZ$ par kilo de filet. L’arrivée de la pêche industrielle( japonaise) et des règles strictes d’importation australienne ont tari cette source de revenu. Ces pêcheurs livrent à Rarotonga le  poisson, principalement du thon,  à 4.5 NZ$ (2.7euros)le kg alors qu’ils sont supposés tout exporter dans le cadre de leur licence de pêche.  

Le problème   récurrent est celui des échanges avec Rarotonga, l’île principale   des Cook située à 400 miles. Actuellement  l’aller et retour d’une personne ou le coût de transport   d’un congélateur sur le cargo qui passe trois fois par an  sont  de 300NZ$.(175euros)

 Certains ont essayé de commissionner un petit bateau local pour exporter le poisson, le « Maria J » visant un  coût de 8 NZ$( 4.6 euros) le kg rendu à Rarotonga la capitale : l’inertie du système n’a pas permit d’aller jusqu’au bout.  Cette inertie se retrouve dès qu’il faut lancer un projet : manque d’expérience des habitants vis-à-vis de la

                   arrivée du cargo

vie moderne, communications aléatoires : il existe un émetteur permettant de téléphoner ou envoyer un email mais il est régulièrement en panne. Ouvrir un compte bancaire est une expérience qui peut durer plus d’une année.  

Ecole de Palmerston

Le gouvernement des Cook aide la population en employant 20  personnes pour des taches administratives diverses : tout d’abord l’école qui accueille une 30 d’enfants en  deux classes, le  bureau de poste/téléphone, infirmerie. La plupart travaillent 10h par semaine.   

 Chaque famille reçoit aussi  une allocation de 60NZ$ par enfant.Le coût de la vie se mesure en dépense pour remplir et importer un container /freezer des produits de nécessité : entre 1000 NZ$( 600  euros) pour 4 mois( la fréquence d’arrivée du bateau) pour une famille de 4.   A cela il faut ajouter l’habillement, l’essence du hors- bord, les pièces détachées etc.. 

 

En dehors du poisson l’île produit peu, même pour une consommation personnelle. Ceci interpelle lorsque l’on vient des îles voisines Aiutaki et Rarotonga qui ont une production de grande qualité de fruit et légumes : banane, mangues, pomelos, tomates, haricot verts, choux, poivrons, etc.. Le climat n’est donc pas en cause. La nature du sol et l’agression des insectes et parasites semble les responsables. Et probablement la nonchalance des habitants. Quelques essais sont en cours ( bananiers, légumes) et nous pensons  que les progrès de la recherche agricole doivent   d’utiliser des graines adaptées et techniques ( goutte à goutte. Un déclencheur est probablement nécessaire : peut être un nouveau Moitessier ou Tom Nesle  qui vivait sur l’atoll voisin ( 400milles) de Suvarov .Pour un yachtie il est facile de comprendre que tout fruit ou légume frais sera le bienvenu après des mois de choux congelé,   

 

Education  

Ce qui frappe dans cette escale c’est le niveau de compréhension de l’anglais des habitants en général comparé à d’autres îles. Héritage de leur ancêtre écossais, l’anglais est la première langue d’éducation, le Maori  parlé aux Cook, la seconde.

Si l’anglais néo-zélandais domine chez les jeunes, les anciens parlent un surprenant Queen’s English..  Ceci   est à tempérer par le fait que les habitants de 15 à 35 ans n’ont pas eu d’école et pour certains qui  n’ont pas voyagé ne savent ni lire ni écrire.                                         

 

Un lieu unique

L’atmosphère de Palmerston est unique et  spéciale. Unique dans le Pacifique ou de nombreuses îles comme celles de la Polynésie Française ont été « détruites » par un état qui a importé des recettes de métropole basée sur les subventions, détruisant le système de  production locale et  délocalisant  les populations dans la  banlieue de Papeete. Sans être parfaite car il est difficile pour des habitants de vivre des années sur un petit espace, il existe une vraie solidarité entre les habitants,

 le plaisir d'acceuillir 

Par Christine et Michel - Publié dans : palmerston.island
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